La France en ruine ?

Décryptage de la situation, par Yoananda

Où en est la France par rapport à la crise économique ? Sommes nous en danger ou le dernier havre de stabilité dans la tourmente ? Que nous cache le gouvernement derrière son plan de « rigueur » ? Qu'est-ce qui nous attends au juste ? Vous voulez savoir dans quel état j'ère ?
Où est l'argent ? A qui le doit-on ? Comment l'ont-ils obtenu ? Où pourrait-on prendre de l'argent ?
Jetons un coup d'oeil sous le tapis.

Conseil de lecture

À la base, je m'intéressais à la crise dite « économique ». À un moment, je me suis demandé « mais comment la crise va se traduire en France ? ». Ce n'était pas facile de répondre à cette question car l'information est très éparpillée. Tout le monde navigue en aveugle, et puis du jour au lendemain on apprends que ça barde dans tel pays ou tel autre.

Cet article est « la » réponse, en fonction des éléments que j'ai pu glaner au fil de mes lectures.

C'est important parce que ça permet de comprendre la politique derrière la politique de façade (celle qu'on nous montre dans les shows télévisés). C'est important si jamais vous lisez des articles économiques ici ou là pour remettre les chiffres en perspective, quand vous lisez « trou de la sécu » ou autre.
Vous constaterez que les articles parlent en % de PIB ou en milliards, mais c'est très abstrait au fond, et ça permet de noyer le poisson. Très pratique pour éviter que le « peuple » ne mette son nez dans le prés carré réservé.
C'est important enfin parce que j'explique les critères qui, s'ils sont respectés ou non, feront que nous nous dirigerons vers un clash social ou non en France.
Nous aurons la réponse définitive d'ici 6 mois environ. Pour le moment, Talonette 1er ne prends pas la bonne direction. La preuve avec l'affaire Bettencourt (qui n'avait pas démarré alors que mon article était presque bouclé). Je ne vois pas pourquoi cela changerai, mais il a encore un peu de temps. Après ce sera trop tard, il faudra assumer. Quand je parle de clash social, ça risque d'être dur et violent, car la crise va encore s'amplifier durant l'été.

L'article est assez long et touffu. Pour les plus pressés, ou ceux qui veulent se faire une première idée avant de se plonger dedans, je vous suggère de vous rendre directement à la partie « Où sont les sous manquants ? » (dont la partie en italique et encadrée est le coeur de l'article), et de regarder en priorité les tableaux récapitulatifs. Des explications plus complètes sont fournies avant si besoin est. Enfin, les plus pressés pourront lire la conclusion.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, la partie « perspective » est une sorte de référence qui permet de mieux lire et comprendre les articles référencés. L'avertissement explique la « méthodologie » de construction de l'article. Indispensable pour qui veut approfondir l'article et aller plus loin encore.

Avertissement

Tous les chiffres sont en milliard d'euros M€ dans la suite du texte (sauf rares exceptions).
Quand on vous donne les chiffres du PIB, c'est une estimation, qui est parfois corrigée quelques mois plus tard. On ne vous dit jamais PIB=2000 milliards +/- 10%. Pourtant c'est la réalité. On ne vous dit pas non plus que la méthodologie de calcul peut varier au cours du temps ou n'est pas la même dans tous les pays. Que ce soit le PIB ou d'autres chiffres, c'est pareil. Les chiffres sont différents selon qu'ils sont communiqués par un pays, le FMI, la banque mondiale, le CIA World Fact Book …
Les chiffres et les raisonnements que je présente dans cet article sont approximatifs. Je vous le dit. Il ne peut en être autrement sans rentrer dans des détails infinis qui n'apporteraient rien à la réflexion globale. Par exemple, à un moment je parle des exonérations de charges sociales. Admettons qu'on les récupère. L'entreprise n'a qu'a baisser ses salaires ou bien monter ses prix de vente pour compenser et on revient à la situation initiale. Tout fonctionne de la sorte en économie, ce qui fait que les économistes se basent toujours sur des chiffres approximatifs, politiquement « corrects » et font des simplifications sur à la fois les chiffres et surtout les comportements humains. Ils essayent de rationaliser l'économie. J'essaye de la dé-rationaliser. Donc certains des points que j'avance choqueront les puristes ou simplement les personnes qui ont réfléchit plus en profondeur à ces sujets. Je leur demande de considérer le fond. Je vous demande de ne pas prendre pour argent comptant ces « chiffres » que le lance en pâture. Ils ne sont que des symptômes des flux économique, leurs remous (un exemple ici sur le roulement de la dette américaine – mais qui oublie que le roulement, et donc la confiance, sont gonflés par la FED, via la PPT-Plunge Protection Team et Black Rock). Le fond du problème c'est que l'économie n'est qu'une sorte de jeu dont nous fixons nous même, collectivement, les règles. Quand le résultat du jeu ne nous plait plus, il ne tient qu'a nous de changer ces règles.

Perspective

La liste suivante est un peu fastidieuse mais permet de situer les chiffres les uns par rapport aux autres et de savoir de quoi on parle.
Le PIB français est actuellement de 1 900 M€. Le PIB mesure la richesse produite par un pays pendant 1 année. Pour mieux comprendre, c'est équivalent à 29 000€ produit par habitant en un an, ou encore environ 66 000€ par personne active.
Le PIB mondial étant d'environ 58 000 M$ (58 mille milliards de dollars), celui des USA 14 400 M$, et celui de l'Europe du même ordre de grandeur. La somme des produits financiers dérivés est estimé a 615 000 M$ (plus de 10 fois le PIB mondial)
La dette publique française est de 1 535 M€ soit 80% du PIB (une révision récente la situerait plutôt a 83% – le FMI la suituant plutôt à 90%). Pour information la dette du Japon est de ~200% , mais ce qui compte, c'est à qui est due cette dette. Le Japon se doit sa dette à lui même, alors que la dette Grecque, bien moindre, concerne des pays étrangers, et est donc bien plus sensible (cf la dette nette). Ce qui compte aussi c'est la vitesse de croissance de la dette pour savoir si elle sera remboursée ou pas, cf le déficit.
Le déficit public pour cette année est de 173 M€, soit 9% du PIB au lieu des 3% prévus par Maastricht. Cela signifie que les recettes de l'état sont inférieures aux dépenses.
Le patrimoine français lui s'élève a 12 500 M€ (quasiment 7 ans de PIB accumulés – ce qui correspond à la moyenne du temps de remboursement des crédits).
La dette nette de la France est de 400 M€, 20% du PIB. La dette nette, c'est la différence entre les dettes que les autres nous doivent et celles que nous devons aux autres, normalement, elle doit être de 0. Elle était de à peu près 0 en 2002. C'est un indicateur de dérive.
La charge de la dette (le montant des intérêts à payer) est de 43 M€ (2,25% PIB), et va augmenter de 20 M€ en 2012 (soit 3,3%). On considère qu'au delà de 33% il devient impossible de rembourser. Si les taux augmentent de 1% le surcoût mécanique serait de 4,3 M€. La Grèce a vu ses taux passer de 4,5% à plus de 10% en quelques mois. L'Espagne à déjà vu ses taux augmenter de 1%.
À titre comparatif, la dette des USA en 2007 était de 20% du PIB (et actuellement autour de 25%).
Le déficit de la sécurité sociale sécu est de 27 M€ cette année, et 44 M€ en cumulé pour un budget d'environ 300 M€ (dont une partie non négligeable sert uniquement à enrichir les laboratoires pharmaceutiques).
Le déficit cumulé de notre balance commerciale (différence entre les imports et exports) est de 38 M€
Les impôts sur les revenus des sociétés rapportent 100 M€ par an.
La taxe foncière rapport 22 M€ et la taxe professionnelle 30 M€
Le patrimoine mondial est évalué a 147 000 M$

Tableau récapitulatif en M€

Produits dérivés 615 000 Le poids du monde financier, 10 fois le PIB mondiale, et probablement autant que le patrimoine mondial
PIB France 1900 soit 66000€ de richesse produit par actif, ou 29 000€ par personnes
PIB Monde 43000 Taux de conversion 1.35$
Dette publique française 1535 80% du PIB
Déficit public 173 9% du PIB au lieu des 3 prévus par Maastricht
Patrimoine français 12 500 7 ans de PIB accumulé
Patrimoine mondial 145 000 3 ans de PIB mondial accumulé
Dette nette 400 20% du PIB du à l'étranger
Charge de la dette 43 20 de plus en 2012 prévus
Déficit de la sécu 44 dont 27 pour l'année 2009, pour un budget de 300
Déficit de la balance commerciale 38 cumulatif
Impôt sur les revenus des sociétés 100
Taxe foncière 22
Taxe professionnelle 30

La Grèce

À titre indicatif, sachez que les dettes des grandes banques françaises sont du même ordre de grandeur que notre PIB (BNP 1940 M€, Société Générale SoGé 1054 M€, Crédit Agricole CA 1620 M€), leurs capitaux propres sont eux environ 30 fois moindres (BNP 60 M€, SoGé 43 M€, CA 53 M€)
Les engagements des banques envers la Grèces se montent à 79 M€, à mettre en rapport avec les capitaux propres. Vous voyez donc directement qu'en cas de défaut Grec, elles sont immédiatement en faillite. Mais il est préférable aux yeux du monde qu'on fasse croire que c'est la Grèce qu'on sauve plutôt que nos banques.
À titre indicatif, les engagements espagnols se chiffrent à 220 M€, Italiens 511 M€, Irlande 60 M€ Portugal 45 M€ pour total de 915 M€
Cet épisode révèle à quel point la situation française est précaire. Ce n'est pas la seule. Le dernier rapport CMA sur la dette souveraine montre que la France figure parmi les pays qui se dégradent le plus vite.

Maastricht

Les critères de Maastricht disent qu'avec une dette de 60% du PIB, un déficit de 3% du PIB ET une croissance de 5%, la dette reste stable à 60%.
On oublie trop souvent la croissance de 5% (soit ~100 M€) dont nous sommes très loin en ce moment.
Mais admettons. Actuellement, on dépasse les 60%, puisqu'on est a en 80%.
Pour revenir à l'équilibre il faudrait trouver environ 500 M€ (~350 pour la dette, et ~150 pour le déficit) – j'arrondis un peu les chiffres.
Donc, non pas pour revenir à l'équilibre, mais pour garder la note AAA de notre dette (et donc la refinancer à bas prix) le gouvernement nous prévoit un plan d'austérité « drastique » de réduction d'environ 100 M€ l'année prochaine. En se basant sur une croissance du PIB de 2,5% qui rapporterait 35 M€, la fin des mesures de relance 15 M€, rabotage des niches fiscales 5 M€, réductions des dépenses publiques (non spécifiées) 45 M€ (train de vie de l'état réduit : 1 M€ … une paille).
Ces éléments vous donnent une idée de la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons … sachant que la rigueur va se transformer en austérité et va plomber le PIB. C'est donc un plan ridicule.
Petite parenthèse : 1 900+2.5% = 1 947.5 soit +47.5M€, et pas 35. 35/47.5=72%. Ce qui nous montre que le taux d'imposition réel officieux est de 72% (réaliste) alors que le taux d'imposition officiel communiqué est de l'ordre de 40% ! Une manière de brouiller les pistes.

Où sont les sous manquants ?

Tout d'abord quelques chiffres bruts en vrac pour bien situer « où est l'argent », maintenant qu'on sait où il n'est pas.
Les dividendes des entreprises du CAC40 en 2009 s'élèvent a 36 M€ (pour un chiffre d'affaire de 1146 M€).
L'évasion fiscale se chiffre à 50 M€ par an.
L'expatriation fiscale a 7 M€.
La SoGé s'est créé une « bad bank«  personnelle pour rapatrier 35 M€ de créances qui seront déduites des impôts en tant que pertes. Les bénéfices eux sont au chaud dans un paradis fiscal. Idem probablement pour les autres banques mais je n'ai pas les chiffres, sauf Natixis qui doit se débarasser de 55 M€ d'actif toxiques.
La taxe professionnelle qui est en train d'être supprimée rapporte 28 M€. Elle sera en partie remplacée par une autre dispositif.
Les niches fiscales à 73 M€ (cadeaux faits aux entreprises, mais souvent des PMI/PME et les particuliers, aides à domicile, etc…).
Les exonérations de cotisations sociales du CAC40 se montent en a 39 M€ pour 2009 (d'après extrapolation sur données 2006 de ma part).
Les bonus des traders en 2009 s'élèvent à presque 2 M€
La grippe A et les bourdes du VIP des laboratoires pharmaceutiques Md Bachelot nous ont coûté 1 M€ de perte sèche.
Bouclier fiscal 0,5 M€
Redevance Micro$oft que nous payons en licences inutiles pour Windows (on peut remplacer par Linux en majeure partie) : au moins 1 M€.
Fortune professionnelles top 500 de plus riches : 194 M€ sachant que une enquête de l'Insee révèle en effet que 1 % des plus riches ont bénéficié d'un taux d'imposition moyen de… 20 % de leurs revenus déclarés au lieu des 40% prévus.

Mais le pire, ce sont les privatisations et les ventes du patrimoine français opéré par l'état, qui sont faites en dessous de leur valeur réelle (50% de décote estimée – des cadeaux aux amis en somme). Une enquête de Jean Roux, commissaire au comptes, chiffre le total des pertes brutes à 90 M€ et 35 M€ de dividendes annuels (par exemples les autoroutes, que NOUS avons payés, devraient rapporter entre 2 à 3 M€ annuel).

Tableau récapitulatif en M€

Dividendes des entreprises du CAC40 36 Annuel Pour un CA de 1146
Évasion fiscale 50 Annuel Estimation officielle, probablement beaucoup plus
Expatriation fiscale 7 Annuel
Bad bank 100 Réserve 35 pour la SoGé, 55 pour Natixis, et 10 pour les autres, estimation minimaliste
Taxe professionnelle 28 Annuel En partie remplacée
Niches fiscales 73 Annuel PME/PMI/Particuliers, donc exclue du calcul
Exonérations de cotisations sociales du CAC40 39 Annuel Estimation
Bonnus des traders 2 Annuel
Grippe A 1 Réserve Gaspillage
Bouclier fiscal 0,5 Annuel
Redevance Microsoft 1 Annuel Minimum
Top 500 fortunes 194 reserve
Décote privatisation 90 Réserve
Dividendes manquants 35 Annuel

Donc vous voyez, on a déjà une idée sur le comment éliminer le trou de la sécu par exemple : il suffirait de demander aux entreprises du CAC40 de payer leurs charges sociales. Une seule année, et le déficit serait presque comblé.
Ou même, juste avec le CAC40, entre les dividendes et les évasions fiscales on a un plan d'austérité au grand complet !

Maintenant procédons par étapes. Si l'on devait uniquement s'en tenir à la justice sociale, combien devrions nous récupérer d'argent ?

  1. D'abord les exonérations de cotisations sociales (39M€). On pourrait quasiment boucher le trou de la sécu en une seule fois avec ! Puis, entre l'évasion fiscale (50M€), l'expatriation (7M€), les dividendes du patrimoine manquants (35M€) on aurait : 131M€ ANNUEL à récupérer. Plus 90M€ de pertes sur ventes du patrimoine a récupérer. Rien qu'avec ça, on peut rétablir nos finances sans austérité. Pas besoin de grand emprunt non plus. On voit d'où viennent les fameux 100 M€ perdus dont la presse fait la promotion en ce moment pour faire passer la pilule de l'austérité.
  2. Allons plus loin. Si les laborieux doivent participer à l'effort national, il n'y a aucune raison que les (trop) riches s'en privent non plus ! Dans ce cas nous aurions : dividendes (36M€), bonus (2M€), fortunes (194M€). Soit 38M€ annuels et 194M€ de réserve à raboter (par des taxes ou des saisies).
  3. Si on rajoute d'autres « injustices légales » tel que le coût des bad banks (35M€ pour 1 banque, donc probablement 100M€ minimum au final pour l'ensemble), la grippe 1M€, la redevance 1M€, les taxes pro 28M€, le bouclier fiscal 0,5M€

On a au total, en prenant toutes les possibilités en compte un potentiel de :
39+50+7+35+36+2+1+1+28+05 = 199,5. Soit près de 200 M€ annuels qui sont distribués par diverses manières aux plus riches ou entreprises (j'omets les niches fiscales qui touchent majoritairement les couches sociales inférieures).

90+194+100 = 384 M€ de réserve rabotable en partie avant d'aller piocher dans l'épargne ou le salaire du français modeste qui a du mal a finir la fin du mois (58%).
Comme je l'ai expliqué plus en détail dans l'avertissement, ces sommes ne sont pas disponible telle quelles, elles sont surtout les symptômes que les flux des richesses s'accumulent à certains endroits, alors qu'elles sont réclamées dans d'autres, et ne sont plus « partagées » équitablement. Ce qui fait que pour simplificateur qu'il soit, cette manière de présenter les choses n'en est pas fausse pour autant. Elle met en valeur les déséquilibres globaux. C'est donc au niveau de ces flux qu'il faudrait agir.

Quelles seraient les conséquences ? Faire partir les riches (du moins ceux qui pillent le pays) et les multinationales (qui n'en font pas moins) … grand bien nous fasse ! N'oublions pas que les inégalités ne cessent de croître en France depuis la vague « libéraliste » des années 80. Liberté égalité fraternité, non ? Ça ressemble de plus en plus esclavage, pillage, copinage, oui ? Nous avons la de quoi rétablir les finances françaises très rapidement. 2 ans grand maximum si nous en avions la volonté politique, et 3 ou 4 ans en restant raisonnable. Il suffit d'aller chercher dans les réserves de gras des multinationales et les riches profiteurs qui se sont bien gavés durant les dernières années. C'est ce qui s'est fait historiquement en cas de crise ou de guerre d'ailleurs.
Évidement, les riches s'enfuiraient dans d'autres pays, et les multinationales fermeraient ou seraient nationalisées. Et après ? On aurai soldé nos comptes, et on aurait viré les profiteurs / pollueurs.
Je suis conscient de simplifier abusivement, mais je suis aussi conscient qu'on paye actuellement pour les ABUS de la classe mafieuse dirigeante.

Et comment tout ceci est possible ? Et bien en fait, comme la Grèce, la France maquille ses comptes en « oubliant » les engagements retraite (qu'on chiffre à au moins 1 000 M€ certains avancent 3 000 M€). Ce faisant la France parait plus riche qu'elle n'est. Donc on se permet des cadeaux aux copains.

La France ruinée ?

OUI. Presque. Bientôt. En fait, non. La France n'est pas ruinée, loin de là, on reste un pays riche, mais l'état Français lui est bien ruiné. La France vends son patrimoine depuis 20 ans, bientôt, il ne restera plus rien.
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est le ministre du budget, ce sont les agences de notations qui ont envisagé de dégrader la note de la France en 2011, et qui ont commencé a dégrader progressivement les notes des entreprises. C'est la nouvelle agence de notation chinoise.
Vous voyez le fond du problème ? On transfère tout vers le privé, en faisant de multiples cadeaux aux entreprises à tous les niveaux.
Voila peut-être pourquoi les Français consomment 80 millions de boites d'antidépresseurs chaque année !
La doctrine minarchiste de l'ultra-libéralisme actuellement en vigueur (pour lequel nous n'avons pas voté) vise a réduire l'état à une peau de chagrin. Pour le remplacer au final par … des multi-nationales. Est-ce mieux ? Il n'y a qu'a regarder l'état du monde, et l'état des finances. On se fait littéralement voler par une mafia politico-industrielle.

Quel avenir ?

La crise va s'accélérer au second semestre 2010 à cause du surendettement des états occidentaux, de l'inflation chinoise, de la panne économique américaine et de l'austérité Européenne créant un effet de cisaillement.

L'austérité imposée en Europe par l'Allemagne n'est pas obligatoirement un problème. Au contraire, elle pourrait être à terme une bonne chose pour l'Europe, car elle se désolidarise de la politique de fuite en avant américaine. Mais elle n'a qu'une seule chance de réussir. Voici les critères qui permettront de savoir si nous allons nous enfoncer dans une ère de troubles sociaux et de régression sans précédent, ou bien si nous allons pouvoir « rebondir » (à moyen terme).

Pour que l'austérité soit « supportable » il faut 2 choses.

La première, c'est que l'austérité soit (largement) partagée par les « élites » du pays (ou de l'étranger, dans un contexte mondialisé). Comme cet article l'a montré, les multi-nationales et les riches qui ont pillé (n'ayons pas peur de le dire) le pays pendant des décennies ont accumulés suffisamment de richesse pour rétablir les finances françaises presque instantanément. Sans aller jusqu'à tout leur prendre, il est clair qu'ils doivent fournir eux aussi un effort considérable. Mais cela doit venir du gouvernement. Pour l'instant nos dirigeants ne brillent pas par leur sens de l'histoire. Ils nagent totalement à contre courant (Libéralisme, bouclier fiscal, Grand Paris, nucléaire) et se comportent comme le dernier des pleutres face aux marchés et pousse l'hypocrisie jusqu'à utiliser la novlangue comme le fait Lagarde en ce moment avec la ri-lance. Ce n'est que parce que l'Allemagne a le courage d'imposer des bonnes solutions que nous avons une chance de voir le bout du tunnel. Mais habitué aux effets d'annonces, même si le gouvernement annonce sa propre rigueur, j'ai de gros doutes pour l'instant. Nous serons fixé d'ici 6 mois environ. Si les riches ne sont pas touchés, alors nous filerons droit vers de graves troubles sociaux, possiblement une guerre civile vue la gravité du contexte économique international. Soyons lucide, l'Euro, c'est avant tout la France et la vertueuse Allemagne. Du coup la France est le maillon faible de l'Euro. Les pays qui nous font la guerre économique en ce moment n'ont qu'a donner un « coup de pouces » aux jeûnes des banlieues pour enflammer le pays et déstabiliser le gouvernement.

L'autre axe, moins important à court terme, mais primordial à long terme sont les énergies renouvelables pour lesquelles nous avons 30 ans de retard environ (depuis l'avertissement du premier choc pétrolier en gros). Par exemple le stockage gravitaire électromécanique (en gros les barrage d'eau, rendement 90%), les maisons passives ou bio-climatiques, et autres éoliens doivent être favorisés et exemptés de cure d'austérité. Sinon le retard pris par rapport aux pays qui ont émergés (Chindia) sera très handicapant dans l'avenir. Attention toutefois, les projets comme le solaire dans le désert du Sahara sont séduisants sur le papier, mais seront à terme plus coûteux que prévu en raison du surcoût de protection militaire qu'il induit, car c'est un reliquat colonialiste. On doit viser notre véritable indépendance énergétique, et revenir vers du local. Pour le moment, malheureusement, l'écologie fait les frais de la crise et perds ses subventions.

Conclusion

Donc pour résumer : le juste retour des choses est l'austérité, mais elle doit être en priorité effectuée dans « le gras », chez les « élites » et surtout les priviléges, sinon l'organisme va devenir malade. Il faut de plus garder un objectif, un espoir, avec les énergies renouvelables.
D'autre part, ne nous y trompons pas : la dette que nous devons aux pays étrangers, l'est essentiellement envers les riches eux aussi ! Donc, idéalement il faudrait aussi restructurer la dette pour partager équitablement « l'effort ». Et on constaterait au final que les pauvres ne doivent pas grand chose aux pauvres des autres pays ! Ça semble l'évidence même formulé ainsi !
Les riches, c'est comme les enfants gâtés, périodiquement il faut taper du poing sur la table pour leur rappeler qu'ils ne sont pas tout seul et qu'on est pas leur jouet !

Les points clés :

  • austérité AUSSI et surtout chez les privilégiés et les privilèges
  • énergies renouvelables à conserver absolument
  • restructuration de la dette vis à vis des (riches) étrangers

Beaucoup d'autres solutions très simples existent : le revenu d'existence, le maraîchage urbain, les logiciels libres, inflation+baisse de l'euro, taxe Tobin, etc… et sont souvent proposées par les citoyens. Et ils seront le résultat d'un retour de l'équité à long terme. Mais pour l'instant la vraie bataille est de limiter les dégâts en pleine crise finale du capitalisme.
Ces solutions restent dans le cadre actuel, ne remettent pas en cause ni les fondements de l'économie, ni la gouvernance qui s'éloigne de plus en plus de l'idéal démocratique, comme le montrent tous les traités signés sans ou contre l'avis du peuple (Traité constitutionnel, SWIFT, ACTA, Union Transatlantique, HADOPI, Codex Alimentarius, Echelon, Edvige, ELENA, etc…). Et donc, ce ne serait qu'un palliatif temporaire de toute façon. Le capitalisme est en train de mourir (simplement car il ne peut vivre que par un effet pyramidal, qu'il séduit de moins en moins de monde, et que son ennemi juré, le communisme à échoué. Il n'a plus d'épouvantail pour justifier ses injustices) à cause de toutes les pollutions qu'il produit et qui nous empoisonnent (mines anti-personelles, bisphénol A, Roundup, huiles hydrogénées, sucre raffiné, cigarettes, amiante, plombage, asparthame, sel d'aluminium, E831 et exhausteurs de goûts, Phtalate, Sulfite, «  effets secondaires  », OGM, nanoparticules, etc…), provoquant l'explosion des maladies en tout genre, ainsi que toutes les catastrophes environnementales (Bhopal, Deep Water Horizon, Exxon, AZF, Climat, etc…). Mais pour l'instant la réflexion collective n'a pas encore réussi à trouver autre chose pour le remplacer.

Sources utilisées pour l'article

http://www.terrefuture.fr/2207/la-france-en-faillite-argentine-en-2010
http://www.renovezmaintenant67.eu/index.php?post/2010/04/17/La-Soci%C3%A9t%C3%A9-G%C3%A9n%C3%A9rale-rapatrie-en-France-TOUTES-ses-pertes-et-les-vend-au-fisc-et-au-Tr%C3%A9sor-Public
http://fr.wikipedia.org
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1229
http://www.jpchevallier.com
http://www.impots-utiles.com
http://eco-france.over-blog.com/
http://www.inegalites.fr/
http://www.lemonde.fr/economie
http://blogs.lexpress.fr/attali
http://www.bip40.org/
http://www.pauljorion.com/blog
http://www.leap2020.eu/

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