![]() |
John
le Carré, de son vrai nom David Cornwell, fut membre du contre
espionnage britanique avant de devenir un célèbre écrivain.
|
«Quiconque s'attaque à
l'industrie pharmaceutique, dit un personnage du roman, s'expose à
avoir la gorge tranchée» Et encore «Certaines compagnies
pharmaceutiques sont des marchands d'armes en blouse blanche.» Bref,
comme l'a écrit un journaliste, l'auteur soutient que le métier
de ces multinationales est la mort.
Alors, une fois encore, se pose la question
de savoir si cet ouvrage, un roman, n'est pas qu'une fiction. D'autres documents
montrent que ce n'est pas une fiction et que John Le Carré parle avec
raison de génocide organisé par la pharmacie il n'est
d'ailleurs pas le seul.
En janvier 2000, le gouvernement américain
a lancé une campagne médiatique contre le sida dans le Tiersmonde,
dans lequel il voit une « menace pour la sécurité et les
intérêts des États-Unis». Tout a commencé
par la publication d'un document de la Maison Blanche «Stratégie
de la sécurité nationale pour le nouveau siècle».
Sans entrer dans le détail de ce texte qu'on peut se procurer, sur
Internet, auprès des organisations des dissidents du sida, ce document
énumère les problèmes d'environnement et de santé
qui peuvent constituer une menace pour la sécurité des États-Unis,
pardelà les frontières nationales, et notamment les épidémies
de polio, de tuberculose et de sida, «qui peuvent détruire la
vie humaine à une échelle plus vaste que la guerre et le terrorisme
et constituer une telle charge, pour les systèmes de santé,
qu'elle peut ruiner tous les progrès chèrement acquis dans le
développement social et économique». Un document de la
C.I.A.
(Central Intelligence Agency, agence américaine d'espionnage) parvient
aux mêmes conclusions et, bien que d'ordinaire de tels documents soient
classés secrets, il a été dilffusé le 7 janvier
2000.
Le document de la Maison Blanche indique
que «la stratégie des ÉtatsUnis poursuit trois objectifs
:
1) renforcer la prospérité américaine
2) renforcer la sécurité des États-Unis
3) promouvoir la démocratie et les droits de l'homme dans le monde».
Mais il est clair que le premier mentionné
est de renforcer la prospérité des États-Unis et, dans
son commentaire, le journaliste Fintan Dunne observe que ce premier objectif
est la clé du document parce qu'émerge un marché mondial
des produits pharmaceutiques qui visent à soulager les effets des «maladies
infectieuses». «Des études américaines, écrit-il,
montrent que le financement de ces produits pourrait engloutir 10%, voire
davantage, du produit national des pays du Tiers-monde. Ayant pratiquement
inventé le V.I.H.,.les États-Unis sont résolus à
se tailler une large tranche de ce marché mondial. D'où l'hystérie
sur la "peste mondiale du sida". Les Africains meurent de malnutrition
mais pourquoi leur offrir de la nourriture quand on peut rafler leurs budgets
de santé avec une médication antisida ? Ces produits sont les
plus chers du marché parce que l'alternative est de les prendre ou
de mourir». Fintan Dunne devrait dire que l'alternative est soit de
mourir de mort naturelle, soit de mourir de l'A.Z.T. Signalons que l'A.Z.T.
n'est plus utilisé dans les pays occidentaux, où l'on a fini
par admettre que c'était une drogue mortelle, sauf associé à
faible dose aux trithérapies.
Interviewé par un journaliste qui
lui demandait si «l'A.Z.T. est un poison capable de liquider certaines
catégories de personnes», le Dr Peter Duesberg, qualifié
«d'homme qui en sait le plus au monde sur les virus» par le Pr
Robert Gallo, répond :
«Oui, tous les séropositifs, cela inclut à présent
les bébés... même les bébés bien portants,
qui sont séropositif, et même les mères sont traitées
à l'A.Z.T., même les adultes bien portants... Cette année,
50 000 personnes sont traitées à l'A.Z.T. Il n'est pas difficile
de prévoir qu'en l'espace d'un an on aura créé de toutes
pièces 50 000 cas de sida par administration d'A.Z.T. : en effet, par
définition, elles sont séropositives et leur immunodéficience
est acquise par destruction des Iymphocytes au moyen de l'A.Z.T. Elles vont
donc toutes mourir du sida en l'espace d'un an.
Alors, demande le journaliste, le traitement sera la principale cause
de la mort par sida ?
A mon avis, répond Peter Duesbere, ce sera la seule cause, tout
au moins chez ceux qui sont d'abord asymptomatiques.
Alors, la thèse du "massacre" est exacte ?
Oui, répond Peter Duesberg, c'est un empoisonnement ! Les séropositifs
sans symptômes peuvent être assassinés uniquement par l'A.Z.T.
II n'y a pas besoin d'autres facteurs. Pour appeler cela du sida, il faudrait
naturellement trouver l'anticorps, sinon on pourrait dire que c'est un empoisonnement
à l'A.Z.T. Les uns en profitent, les autres en souffrent.»
Après ces déclarations,
Peter Duesberg s'est vu supprimer l'allocatiom annuelle de 350 000 dollars
que les laboratoires lui versaient pour sa recherche.
Dans une interview accordée à
Anne Gigon Bormann, John Le Carré, de son côté, déclare
:
«J'ai une grande affection pour la Suisse... Mais il faut avouer que
votre pays offre un bon cadre à de nombreux mauvais comportements,
comme le commerce d'armement ou le blanchiment d'argent sale. La Suisse était
un des premiers pays à offrir le secret bancaire. [...] Je voulais
faire quelque chose sur l'exploitation de l'Afrique, sur ce que nous appelons
la période post-coloniale. Mais il y a de nombreuses formes de colonialisme,
la plus aiguë étant financière. Je voulais écrire
sur l'exploitation des pauvres par les riches, dans le sillage de la guerre
froide. [...] J'ai commencé à m'intéresser à différentes
industries. [...] Jusqu'à ce qu'un de mes sages amis, grand connaisseur
de l'Afrique, me dise que l'industrie pharmaceutique battait tout le monde
sur le terrain de l'indicible. [...] J'ai commencé par les agences
d'aide au développement, Médecins sans frontières à
Genève. les agences des Nations unies, les O.N.G. (organisations non
gouvernementales). Et j'ai fait quelques voyages sur place, au Sud Soudan
par exemple. J'avais aussi des contacts au Royaume-Uni et à Bâle,
dont je ne révélerai jamais les noms, qui m'ont dit des choses
très alarmantes. Au fur et à mesure que j'apprenais des choses,
la colère montait en moi. [...] J'ai voulu lancer un appel pour que
l'opinion se réveille, dire : «C'est ça que nous sommes
en train de faire et, chaque année, des millions de personnes meurent
parce que nous ne faisons rien !»
«Ce ne sont pas tant les gens cruels
qui détruisent le monde que les indifférents. Les plus dangereux,
ce sont les hommes gris, les conformistes, ceux qui ne se posent aucune question
sur leurs actes ou sur les actions de l'entreprise pour laquelle ils travaillent.»
«Les Américains sont terrifiés
par le sida. Ils sont donc d'accord pour y mettre le prix. Les coûts
actuels des médicaments les plus performants contre le sida s'échelonnent,
aux ÉtatsUnis, entre 10 000 et 15 000 dollars par an, par patient.
On pourrait les fabriquer pour 300 dollars, facilement. A 320 dollars, l'industrie
pharmaceutique ferait encore du bénéfice. Mais ces entreprises
préfèrent dépenser deux fois plus pour leur marketing
qu'en frais de recherche et en développement.»
«Les Africains, mais aussi les Indiens
d'Amérique centrale et du Sud, sont utilisés comme cobayes.
Ces personnes sont théoriquement d'accord pour tester des médicaments
qu'elles ne pourraient jamais se payer, ni elles ni leur pays. On les a abandonnées,
et cela au bénéfice de notre santé, c'est incroyable.»
Enfin, Le Monde diplomatique de
juin l986 (p. 26) rappelle que, dans son ouvrage, N... comme Nestlé,
le lait, les bébés et la mort, Jean-Claude Buffle rapporte
que «la plus grande société multinationale de produits
alimentaires du monde a tronqué des documents pour cacher les ravages
de l'allaitement au biberon ; diffamé des savants qui défendaient
des opinions contraires aux intérêts commerciaux de la firme
; infiltré, au moyen d'agences privées, des associations de
consommateurs. Nestlé puisqu'il s'agit d'elle ne respecte
pas le code de conduite fixé par l'Organisation mondiale de la santé
(dont elle avait tenté par tous les moyens d'empêcher l'adoption).
Certains pédiatres estiment que l'allaitement au biberon coûte
notamment dans le Tiers-monde la vie à environ trois
millions de nourrissons par an. Mais les affaires de Nestlé et des
autres sociétés multinationales alimentaires prospèrent.
En 1978, la vente de lait pour nourrissons dans le Tiers-monde représentait
600 millions de dollars. Depuis 1983, elle dépasse annuellement 2 milliards
de dollars».
Depuis vingt ans, plusieurs dizaines de millions de bébés auraient donc été indirectement tués en Afrique, selon cet ouvrage et Le Monde diplomatique. Parler de terrorisme serait-il exagèré ? C'est possible. Mais, s'il fallait observer trois minutes de silence par tranche de 7000 bébés tués, nous serions condamnné au silence pour de nombreuses années.
Sources
Article de Stéphane Benoît,
Bio-énergie n°18